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Histoire de bijoux
Pectoral d'argent à cornalines et pendeloques porté sur une robe de fête

D'un pays à l'autre

Bijoux d'Asie centrale : une parure qui se déshabille avec l'âge

En Asie centrale, la parure d'une femme est un calendrier : elle se charge au mariage, puis se dépouille enfant après enfant selon une règle sociale explicite. Et tant qu'elle est portée, cet argent travaille — contre le mauvais œil, contre la stérilité — autant qu'il conserve la richesse d'une famille d'éleveurs.

  • Chanjuk turkmène1850-1880 · argent et cornaline · 14,5 × 10 cm
  • Tilla bargak ouzbekfin XIXe s. · argent doré et turquoise · Naprstek 40410
  • Mokhi tillo ouzbekfin XIXe s. · croissant de front · Naprstek 40408
  • Saukele kazakhfin XIXe s. · laine, verre et corail · 210 × 125 cm
  • Bozuband bouchariotefin XIXe s. · filigrane ajouré · Boukhara

Il y a une façon paresseuse de regarder une parure d’Asie centrale : compter l’argent, admirer la masse, conclure à l’opulence. Le malentendu commence là. Ces objets ne sont pas des trésors immobiles que l’on sort pour une fête, ce sont des outils que l’on porte, et qui cessent d’être portés quand ils ont fini de servir.

Car une femme ouzbèke, kazakhe, karakalpake ou turkmène du XIXe siècle ne porte pas ses bijoux tout au long de sa vie. Elle les reçoit, les porte massivement quelques années, puis les quitte — pièce par pièce, selon une règle que tout le monde autour d’elle connaît. La parure est un calendrier, et le métal qu’elle contient est une banque.

La parure qui se déshabille — le bijou comme âge de la vie

Le principe est explicite et il se lit dans les sources : la quantité de bijoux portés décroît avec l’âge. Après la naissance de son premier enfant, la jeune mère réduit sa parure. Aux alentours de quarante ans, seules des bagues et des boucles d’oreilles simples restent convenables. Et le retrait peut être total : quarante jours après une naissance, une année entière en cas de veuvage.

Ce qui se joue là n’est pas une question de goût ni d’usure. C’est un système de signes aussi lisible qu’une pièce d’identité. Une femme chargée d’argent est une femme jeune, récemment mariée, dont la fécondité est l’enjeu social du moment ; une femme dépouillée a accompli ce qu’on attendait d’elle.

Chez les Kazakhs, la séquence passe par les coiffes. Le saukele, haute coiffe conique de la mariée, à calotte matelassée trilobée et toujours rouge, cède la place au zhelek après le premier enfant, puis au kimeshek de vingt-cinq à quarante-cinq ans. Le saukele lui-même n’est pas un objet improvisé : il se commandait un an à un an et demi avant les noces, et ne se portait qu’environ un an.

L’anticipation va parfois plus loin encore. Chez les Turkmènes, les parures d’une fille étaient préparées dès son enfance, et selon le Musée national d’histoire de l’Ukraine, parfois dès sa naissance. Une famille commençait donc à constituer l’argent d’une femme avant de savoir quelle femme elle deviendrait.

L’argent des femmes — la dot mobile d’une société d’éleveurs

Il faut ici penser comme un éleveur nomade plutôt que comme un citadin. Une société qui déplace ses campements ne peut pas investir dans la pierre, le foncier ou le mobilier. Elle a besoin d’une forme de richesse dense, divisible, transportable et reconnue par tous. L’argent travaillé remplit ces quatre conditions, et il présente un avantage supplémentaire : il est visible.

D’où une hypothèse solidement argumentée, sans être pour autant une certitude documentaire : le bijou d’argent aurait constitué l’une des rares formes d’investissement sûr, la richesse d’une famille s’exposant à travers les femmes, stockable et déplaçable de campement en campement. La femme parée n’est pas seulement ornée, elle est le bilan comptable ambulant d’un foyer.

Les ordres de grandeur rendent la chose concrète. Les ensembles de mariage turkmènes pouvaient peser jusqu’à une dizaine de kilogrammes. Quant au saukele kazakh, sa valeur est documentée par deux chaînes indépendantes — la fiche muséale du Musée d’histoire et d’études régionales d’Omsk, et le portail kazakh e-history.kz citant I. I. Ibragimov via S. Zh. Asanova : environ mille roubles, soit l’équivalent d’une centaine de chevaux. Une coiffe qui vaut un troupeau.

Cet argent ne sortait pas de nulle part. Le XIXe siècle centre-asiatique dispose de centres joailliers sédentaires actifs — Khiva, Boukhara, Samarcande, Karchi, Kokand — où l’argent domine, où Boukhara marque une préférence pour l’or, et où les pierres sont polies plutôt que facettées. Le nomadisme fournissait la demande ; les villes, l’atelier.

Le boîtier qui protège — tumar, haykel, bozuband

Le tumar est l’appellation la plus répandue de l’étui à amulette : un boîtier d’argent dirigé contre les mauvais esprits, le mauvais œil, la maladie et l’infertilité. Le mot vient de l’arabe et désigne la prière écrite par un mollah contre rétribution.

Mais l’objet précède de loin cette prière. Ce qu’on glissait dans un tumar, c’étaient d’abord des objets pointus, des herbes, de la fourrure, du charbon, des pièces, du sel — ou, au Khorezm, les cheveux de la première coupe d’un enfant. L’étui est pré-islamique ; l’islam a substitué des sourates à ce contenu magique sans toucher au contenant. C’est un cas d’école de ce qu’on appelle l’islam populaire, et c’est la raison pour laquelle il faut écrire porte-amulette plutôt que porte-Coran. Sur ce que devient le bijou quand il porte explicitement un contenu religieux, bijoux-croix.fr traite spécifiquement la question.

La nomenclature, elle, se prend au corps. On dit buyin pour le cou, kokrak pour la poitrine, qoltiq pour l’aisselle, qosh pour une paire appariée. Le qoltiq tumar, porté sous l’aisselle, protège l’âme, que l’on croyait capable de quitter le corps par là. La position n’est pas un détail de port : elle désigne ce qui est menacé.

Deux variantes méritent d’être nommées. Le haykel karakalpak est un grand pectoral d’argent muni d’un tube central amovible ; son nom signifie « statue, idole », et l’historien Narshahi, actif vers 899-959, atteste la vente d’idoles au bazar de Boukhara. Le bozuband est un étui cylindrique horizontal à coupoles, dont le nom se décompose en bazu, le bras, et band, le ruban — un objet nommé par l’endroit où il s’attache.

Femme turkmène portant un plastron d'argent doré à cornalines et un étui d'amulette tubulaire
Étuis tubulaires et pectoraux d'argent se superposaient sur la poitrine, chacun nommé d'après sa forme ou la place qu'il occupait sur le corps.

Enfin, le tumarsha karakalpak illustre une logique qui surprend : c’est un étui décoré de cornalines ou de verre coloré, et c’est la pierre qui change le nom de l’objet. Le matériau n’est pas un habillage, il fait partie de la définition.

Pierres et couleurs — une carte des protections

Une idée reçue tenace veut que la cornaline ait été la pierre protectrice de toute l’Asie centrale. La réalité documentée est plus intéressante, parce qu’elle est géographique : la cornaline était surtout prisée chez les Karakalpaks, tandis que la turquoise, firuza, et le corail, marjon, caractérisent les bijoux tadjiks et ouzbeks. Il n’y a pas une pierre régionale, il y a une répartition.

Et chaque pierre a sa compétence propre, comme un remède a son indication. La turquoise agit contre la peur, les ennemis, la noyade, la foudre, les serpents et les scorpions. Le corail relève de la fécondité. Le grenat vise les maladies mentales, la nacre la tristesse. On ne choisissait pas une pierre pour son éclat mais pour la menace qu’on voulait écarter.

La couleur travaille selon la même logique. Le saukele est toujours rouge — drap, velours ou soie —, et ce rouge est un symbole de fertilité ; sa base est en feutre blanc, matériau coûteux. Quant aux cornes de bélier, qochqor, qui couronnent souvent les amulettes karakalpakes, elles disent la force et la protection. Le bélier est appelé rahmoni, d’ar-Rahman, et les familles qui perdaient leurs fils nommaient Qochqor le nouveau-né. Le même signe protège un enfant et un objet.

Une réserve, en revanche, sur une explication très diffusée : la valeur apotropaïque de la cornaline centre-asiatique est régulièrement fondée sur la bague du Prophète. Aucune source muséale ou universitaire consultée pour ce guide n’appuie cette généalogie religieuse ; elle ne remonte qu’à des sites de vente de pierres et de lithothérapie. Mieux vaut décrire l’usage que d’inventer sa cause.

La main du zargar — des techniques que l’œil peut reconnaître

Le métier a un nom : zargar en ouzbek et en tadjik, zerger en kazakh, d’où zergerlik pour l’art lui-même. Ses techniques laissent des traces identifiables, et savoir les lire vaut mieux qu’une attribution au jugé.

Le tagnishin de Boukhara est la plus caractéristique. Un fil d’argent aplati, de un à un millimètre et demi, dessine des alvéoles en nid d’abeille ; de minuscules turquoises sont taillées à la forme de chaque alvéole, fixées au mastic, puis l’ensemble est poli. Le terme signifie « assis en dessous », et il ne faut pas le confondre avec le tah-i-nishan indien, dont le nom est proche et la technique différente.

La basma — « empreinte » — est plus lourde de conséquences pour qui regarde un bijou. Il s’agit de marteler une feuille de métal sur une matrice gravée. Beaucoup de pièces d’apparence massive ne sont en réalité qu’une fine feuille remplie de mastic. Autrement dit, dans une culture où le poids d’argent fait la valeur, l’aspect massif ne garantit pas le poids d’argent. L’objet peut mentir sur son propre contenu.

Le niello, ou tula, le nielle, cet alliage noir incrusté dans l’argent, obéit à une recette précise : cinq parts de plomb, une de soufre, une d’argent, la limaille fondue dans les creux du décor puis polie au feutre. Et l’attribution régionale se lit dans le geste : gravure et estampage chez les Karakalpaks, filigrane et granulation chez les Ouzbeks et les Tadjiks.

Deux traits complètent probablement ce tableau, sans la même assurance documentaire : l’émail bleu de Boukhara ferait écho aux carreaux glaçurés de l’architecture locale, et des techniques russes auraient pénétré les ateliers après 1866.

Coiffes et têtes parées — saukele, mokhi tillo, tilla bargak, gajak

La tête concentre l’investissement, et la variété des coiffes suit la géographie. Le saukele kazakh se décline ainsi en deux registres : garnitures métalliques massives, souvent anthropomorphes, à l’ouest du Kazakhstan ; décor essentiellement textile au sud.

Le Musée d’histoire et d’études régionales d’Omsk en conserve un exemplaire de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, mesurant 210 × 125 cm, en laine, verre, corail, métal, fils de soie et lin. En règle générale, la fabrication d’un saukele demandait une année entière — ce qui, rapporté à une durée de port d’environ un an, donne la mesure du rapport entre le travail investi et l’usage réel.

Du côté ouzbek, trois objets de front méritent d’être distingués. Le mokhi tillo, « lune d’or », est un croissant de front aux extrémités relevées ; il porte aussi les noms d’at tuegi, « sabot de cheval », et de bibishokh, « cornes de la mère ». Le croissant y renvoie à un attribut de la déesse-mère de la fécondité. Un exemplaire est conservé au musée Naprstek sous l’inventaire 40408 — trois noms pour un seul objet, ce qui en dit long sur la difficulté d’établir un vocabulaire régional stable.

Gros plan de plaques d'argent doré serties de cornalines et de turquoises posées sur du velours
Plaques d'argent doré, cornalines et turquoises : les matériaux des ornements de front de Boukhara et de Khiva.

Le tilla bargak, « feuille d’or », est un diadème composé de treize à quinze plaques d’argent doré montées sur velours, satin ou fourrure, rehaussées de turquoises et de corail ; le type de Boukhara se reconnaît à sa plaque centrale en rosette étoilée. Le musée Naprstek en conserve un sous l’inventaire 40410, collecté par le géographe tchèque Emanuel Fait, 1854-1929, lors de son séjour de 1902 à Boukhara, Samarcande, Tachkent, Kokand et Andijan.

Le gajak, enfin, est une plaque en amande à volute portée aux tempes, munie au revers de boucles destinées à fixer des plumes. Et la plume n’est pas un ornement : coq, faisan et paon étaient tenus pour sacrés chez les sédentaires, liés au soleil et à la fécondité. Les isirga, boucles d’oreilles ouzbèkes, complètent l’ensemble avec leurs types nommés — khalka, le cercle, uch ayak, trois pattes, besh ayak, cinq pattes.

Un ornement turkmène et sa provenance coloniale

Le Victoria and Albert Museum conserve sous le numéro 734&A-1900 une paire d’ornements de poitrine chanjuk, datés de 1850-1880 : argent estampé et repoussé, trois cornalines, chaînes pendantes, 14,5 × 10 cm. Le chanjuk est un ornement en losange, cousu par paires sur le vêtement, dont le nom vient d’un mot turcique signifiant « plat ». L’asyk, pendentif en forme de cœur accroché aux nattes au mariage et offert par la famille du marié, et les bilezik, bracelets portés par paires par les femmes d’âge mûr, à extrémités en têtes de serpent, yilan bash, appartiennent au même répertoire.

La provenance de ces chanjuk mérite d’être citée avec précision, parce qu’elle éclaire la manière dont ces objets sont arrivés en Europe. Ces ornements chanjuk du V&A ont été acquis au Turkestan en 1884-1885 par un membre de la mission de Sir Peter Lumsden, chargée avec la partie russe de définir la frontière nord-ouest de l’Afghanistan ; ils ont été donnés au musée en 1900. Lumsden était le représentant britannique de cette commission, non son chef — et le registre du musée ne nomme pas l’auteur de la lettre qui accompagne l’achat.

Sur l’asyk, une précision s’impose contre une formulation très répandue. On lit partout qu’il se portait jusqu’à la naissance du premier fils. Cette condition sur le sexe de l’enfant ne se trouve que dans des blogs et des fiches de vente. Les sources qui conservent réellement ces pièces décrivent une amulette protégeant les femmes de la maladie, en particulier avant et pendant la grossesse ; la littérature académique parle d’un port jusqu’à la naissance du premier, parfois du deuxième enfant, et d’un port permanent en cas de mortalité néonatale répétée. Sans aucune condition de sexe.

Quand l’amulette cesse de croire

Le tournant le plus saisissant de cette histoire ne s’observe pas dans les textes mais dans les objets eux-mêmes, et il tient en un détail technique.

À Boukhara, à la fin du XIXe siècle, apparaissent des bozuband en filigrane ajouré dans lesquels on ne peut plus rien insérer. L’étui à amulette n’a plus d’intérieur utilisable. Il n’est pas devenu décoratif pour autant : la protection a migré du contenu vers l’objet, de la prière glissée à la forme portée. C’est une sécularisation visible à l’œil nu, dans une pièce d’orfèvrerie.

Le mouvement se confirme au début du XXe siècle avec l’apparition d’un motif de cadran d’horloge — marqueur de datation commode autant que signe des temps : la mesure moderne du temps entre dans l’ornement d’un objet magique. Et vers 1915, Tachkent cesse de produire le gajak et le convertit en broche, tunagich. La plaque de tempe support de plumes sacrées devient un accessoire vestimentaire ordinaire.

Le contrepoint est muséal et massif : le Musée central d’État du Kazakhstan conserve plus de quatorze mille pièces de bijouterie allant du XVIIIe au début du XXe siècle. La matière ne manque pas.

Reste un fait négatif qui vaut d’être dit, parce qu’il circule en sens inverse. Aucun élément de bijouterie ou d’orfèvrerie ne figure aux listes du patrimoine immatériel de l’UNESCO pour l’Ouzbékistan, qui en compte dix-huit, le Kazakhstan quatorze, le Kirghizistan seize ou le Turkménistan dix. Les artisanats inscrits sont la céramique, la broderie, le feutre, les coiffes, la yourte, la sériciculture, la miniature. Écrire que le zargarlik ou le zergerlik est « classé UNESCO » est faux, quelle que soit la fréquence de l’affirmation.

Ce que ce fil laisse de côté

Trois réserves, plutôt qu’une conclusion trop ronde.

Le Kirghizistan, d’abord. Il apparaît dans ce guide au titre d’une vérification de listes UNESCO, et nulle part ailleurs : la documentation réunie ici ne porte aucun fait propre sur sa bijouterie. Un guide qui prétendrait couvrir « l’Asie centrale » sans le dire ferait passer une lacune pour une synthèse. Ce qui précède documente l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Karakalpakstan et le Turkménistan.

Les valeurs monétaires, ensuite. Toute l’évaluation chiffrée repose sur une seule chaîne documentaire et sur un seul type d’objet, le saukele. Ce n’est pas assez pour établir une échelle de prix régionale, et le chiffre de cinq mille roubles-argent que l’on rencontre partout n’a jamais de source primaire : il multiplie par cinq la seule valeur réellement documentée.

L’ancienneté des objets, enfin, mérite qu’on résiste à la tentation. Les pièces d’argent turkmène et de cornaline conservées dans les collections datent rarement d’avant le XIXe siècle. Ce qui est ancien dans ces bijoux, ce sont les formes et les symboles, d’ascendance souvent pré-islamique, portés par des objets fabriqués au XIXe ou au début du XXe siècle. La distinction paraît pointilleuse ; elle sépare en réalité un fait d’un effet de prestige.

Questions fréquentes

Jusqu'à une dizaine de kilogrammes, selon le Musée national d'histoire de l'Ukraine, qui conserve et publie une parure teke. Le chiffre de 17 kg qui circule largement ne provient que de sites commerciaux et touristiques, sans mesure ni pièce de référence, et ces mêmes pages se contredisent entre elles. À ne pas confondre non plus avec les parures de mariée de plus de 30 livres, soit environ 13,6 kg, mentionnées par l'Art Institute of Chicago pour Boukhara : ce sont deux traditions distinctes.

Une prière écrite par un mollah contre rétribution, mais d'abord des objets pointus, des herbes, de la fourrure, du charbon, des pièces, du sel, ou les cheveux de la première coupe d'un enfant au Khorezm. L'étui à amulette est d'origine pré-islamique : l'islam en a changé le contenu, pas l'objet. C'est pourquoi il vaut mieux écrire porte-amulette que porte-Coran.

Le saukele kazakh, commandé un an à un an et demi avant les noces, se portait environ un an, jusqu'à la naissance du premier enfant ; venaient ensuite le zhelek, puis le kimeshek de vingt-cinq à quarante-cinq ans. La parure se réduisait progressivement, jusqu'à ne plus laisser que des bagues et des boucles simples aux alentours de la quarantaine.

Par la technique d'abord : gravure et estampage chez les Karakalpaks, où le filigrane reste marginal ; filigrane et granulation chez les Ouzbeks et les Tadjiks. Par la pierre ensuite : la cornaline oriente vers le Karakalpakstan, la turquoise et le corail vers l'aire ouzbèke et tadjike.

Non. Le Victoria and Albert Museum précise que les pièces de bijouterie turkmène datent rarement d'avant le XIXe siècle, même si beaucoup de motifs employés sont considérablement plus anciens. La formulation juste est donc : des formes et des symboles d'ascendance pré-islamique, sur des objets fabriqués au XIXe ou au début du XXe siècle.