
Patrimoine
Asyk, bilezik, cornaline : ce que la parure turkmène disait d'une femme
Pendentif asyk accroché aux nattes, bracelets bilezik à têtes de serpent, pectoraux sertis de cornaline : la parure turkmène teke se lit comme une carte d'identité. Une conservatrice de collections d'Asie centrale démêle le vocabulaire, pèse les parures de mariée et écarte les légendes qui circulent sur ces bijoux.
Cet entretien est une construction éditoriale : l'experte qui s'y exprime est un personnage composite, non une personne réelle. Les faits, dates et objets cités sont en revanche sourcés et vérifiables.
- Objetchanjuk turkmène · V&A 734&A-1900 · argent estampé et repoussé, trois cornalines · 1850-1880
- Dimensions14,5 cm × 10 cm par ornement
- Poidsparures de mariée jusqu'à une dizaine de kilogrammes (Musée national d'histoire de l'Ukraine)
- Datationobjets du XIXe - début XXe siècle, motifs plus anciens
- Pierrescornaline chez Turkmènes et Karakalpaks, turquoise et corail chez Ouzbeks et Tadjiks
Entretien de synthèse. Les réponses attribuées à Nargiza Yusupova, conservatrice de collections ethnographiques d’Asie centrale à Tachkent, sont une mise en forme dialoguée de données documentaires vérifiées (fiches d’objets du Victoria and Albert Museum et du Musée national d’histoire de l’Ukraine, travaux publiés dans les Annals of the Naprstek Museum, listes du patrimoine immatériel de l’UNESCO). Ce personnage est une construction éditoriale ; il ne renvoie à aucune personne réelle. Les faits et les dates sont sourcés.
Dans les vitrines consacrées à l’Asie centrale, la parure turkmène occupe une place à part : un argent lourd, gravé et estampé, des cornalines rouge sombre, des chaînes qui descendent jusqu’à la taille. Ces ensembles fascinent, et attirent pour cela les approximations : on les dit millénaires, on leur prête dix-sept kilogrammes, on les rattache à des inscriptions UNESCO qui n’existent pas.
La rédaction a construit cet entretien à partir des fiches d’objets et des publications scientifiques accessibles, pour remettre les mots et les chiffres à leur place. Il complète notre panorama des bijoux d’Asie centrale, en se concentrant sur la parure des Turkmènes teke et sur ce qu’elle disait, à un regard averti, de l’âge et de la situation de celle qui la portait.
Un vocabulaire à apprivoiser : asyk, bilezik, chanjuk
Commençons par les mots. Un catalogue de bijouterie turkmène submerge de termes qu'on ne sait ni prononcer ni situer. Par où entrer ?
Par le corps de la femme. La parure turkmène se lit de haut en bas et chaque emplacement a son objet. Sur les nattes, l'asyk : un pendentif d'argent en forme de cœur, accroché aux tresses lors du rituel de mariage. Le Musée national d'histoire de l'Ukraine, qui conserve et documente une parure féminine teke, précise qu'il était offert par la famille du marié. Aux poignets, les bilezik : des bracelets portés par paires, en métal incrusté de cornaline, à décor de lignes gravées, dont les extrémités portent des pointes estampées et soudées qui évoquent des têtes de serpent. On les nomme yilan bash. Sur la poitrine enfin, des ornements cousus sur le vêtement, dont le chanjuk, une plaque en losange.
Le chanjuk mérite qu'on s'y arrête : c'est l'un des rares objets turkmènes dont nous avons une fiche muséale complète. Le Victoria and Albert Museum en conserve une paire sous le numéro d'inventaire 734&A-1900 : argent estampé et repoussé, trois cornalines par ornement, des chaînes pendantes, 14,5 centimètres de long sur 10 de large. Le musée date la paire de 1850-1880 et rappelle que le mot dérive d'un terme turcique signifiant « plat ». Ces pièces se cousaient par paires sur le vêtement.
Et le fameux tumar, que l'on retrouve dans toutes les boutiques d'ethnique ?
Le tumar est l'appellation la plus répandue en Asie centrale pour l'étui à amulette : un boîtier d'argent ou doré contenant une amulette, porté contre les mauvais esprits, le mauvais œil, la maladie et l'infertilité. Le mot vient de l'arabe et désigne une prière écrite sur papier, généralement rédigée par un mollah contre une petite rétribution. Mais le vocabulaire est plus fin que cela. Chez les Karakalpaks, voisins des Turkmènes, l'étui cylindrique en argent s'appelle tumar ; s'il est orné de cornalines ou de verre coloré, il devient tumarsha. C'est la présence de la pierre qui change le nom de l'objet.
Où peut-on voir ces objets aujourd'hui, en dehors de Londres ?
Le Musée central d'État de la République du Kazakhstan annonce plus de 14 000 pièces de bijouterie en métaux précieux du XVIIIe au début du XXe siècle, dont des bijoux turkmènes à côté des ornements kazakhs. À Noukous, le musée fondé en 1966 par Igor Savitsky possède, d'après le portail officiel du Karakalpakstan, une importante collection de bijoux karakalpaks d'argent à cornaline et turquoise, ainsi que des pièces turkmènes.
Ce que la parure disait de l’âge et du statut
On dit souvent que le bijou centre-asiatique est une carte d'identité. Qu'est-ce que cela veut dire concrètement pour une femme turkmène ?
Cela veut dire que la parure était strictement graduée par l'âge, et cela vaut pour toute l'Asie centrale sédentaire et nomade. Les travaux de Tereza Hejzlarova, qui s'appuient sur les ethnographes Tokhtabaeva et Fakhretdinova, décrivent cette courbe : la jeune fille et la jeune mariée portent le maximum ; après la naissance du premier enfant, la jeune mère réduit le nombre de ses bijoux ; vers quarante ans, seules des bagues et des boucles d'oreilles de formes simples restent convenables. Dans certaines régions, le bijou était totalement retiré pendant les quarante jours suivant la première naissance, et jusqu'à un an en cas de veuvage. On lisait donc sur une femme, à distance, si elle était mariée, mère, veuve.
L'asyk s'inscrit exactement dans cette logique. Le musée ukrainien le décrit comme une amulette protégeant les femmes de la maladie, en particulier avant et pendant la grossesse. Je tiens à corriger une formule qui circule beaucoup : « porté jusqu'à la naissance du premier fils ». Cette condition sur le sexe de l'enfant ne se trouve que sur des blogs et des fiches de vente, jamais dans une source muséale ou universitaire. La littérature scientifique sur les amulettes de trousseau indique qu'elles étaient portées jusqu'à la naissance du premier, parfois du deuxième enfant, et de façon permanente en cas de mortalité néonatale répétée. Aucune mention d'un fils.
Et les bilezik, ces bracelets à têtes de serpent, appartiennent-ils aussi à un âge précis ?
Oui, et c'est ce qui les rend intéressants. Le Musée national d'histoire de l'Ukraine les décrit comme des bracelets portés par paires par les femmes d'âge mûr. Il faut aussi souligner que le motif de la tête de serpent n'est pas propre aux Turkmènes : chez les Kazakhs, il existe sous le nom zhylan basy et s'applique aussi aux cauris. Le musée date ses bilezik de la fin du XIXe - début du XXe siècle, comme la quasi-totalité des pièces conservées.
Avant le mariage, la jeune fille porte-t-elle déjà quelque chose ?
Elle porte ses nattes, et ses nattes sont déjà une parure. D'après la même source muséale, les jeunes filles turkmènes tressaient quatre nattes ornées d'uplitkas. Un uplitka est un fil de coton, blanc ou noir, garni d'éléments qui tintent et brillent au moindre mouvement. La fiche du musée en donne la composition :
- des perles colorées enfilées le long du fil ;
- de petites perles d’argent en forme de dôme ;
- des clochettes, qui signalent le passage de la jeune fille à l’oreille avant de la montrer à l’œil.
Le jour du mariage, l'asyk vient s'accrocher à ces nattes : la transition d'un état à l'autre se fait littéralement sur la chevelure, et la parure complète n'apparaît qu'à ce moment-là.
Le poids réel des parures de mariée
Justement, ce poids. On lit partout « 17 kilogrammes d'argent ». Vrai ou faux ?
Ce chiffre n'apparaît que sur des sites commerciaux et touristiques, sans pièce mesurée ni référence. Les mêmes pages se contredisent d'ailleurs entre elles, en donnant simultanément « 6 à 8 kilogrammes » et « jusqu'à 17 kilogrammes ». La seule source institutionnelle qui conserve et publie une parure teke complète, le Musée national d'histoire de l'Ukraine, indique que les ensembles de mariage pouvaient peser jusqu'à dix kilogrammes, et qu'ils étaient préparés dès l'enfance de la fille, voire dès sa naissance. Dix kilogrammes d'argent sur une jeune femme le temps d'une cérémonie, c'est déjà considérable.
Il faut aussi éviter une confusion. L'exposition « Ornamental Traditions: Jewelry from Bukhara », présentée à l'Art Institute of Chicago de juillet 2018 à juin 2019, mentionne des parures de mariée de plus de trente livres, soit environ 13,6 kilogrammes. Mais il s'agit de Boukhara, une tradition urbaine, sédentaire, tournée vers l'or, la turquoise et le corail. Ce n'est pas la parure turkmène.
Pourquoi tant d'argent sur une seule personne ?
Parce que, pour des éleveurs nomades, le bijou était l'une des rares formes d'épargne disponibles. La chercheuse Snezhana Atanova rappelle que la richesse familiale devait être exposée à travers les femmes de la famille, et que les déplacements de campement en campement imposaient une richesse facile à stocker et à transporter. Elle cite l'ethnographe soviétique Galina Vassilieva, pour qui il était impossible de concevoir un costume turkmène féminin sans argent. La femme portait littéralement le capital du groupe. Dans les villes ouzbèkes voisines, l'argent côtoyait d'autres savoir-faire de prestige, comme la soie et la céramique dont parle notre confrère spécialiste de l'Ouzbékistan.
Une nuance technique compte aussi pour quiconque pèse une pièce ancienne. Les orfèvres d'Asie centrale pratiquaient la basma, l'empreinte : une fine feuille de métal martelée sur une matrice gravée à l'aide d'une plaque de plomb, pour obtenir un motif en relief. Les coupoles et sphères creuses étaient obtenues en soudant deux hémisphères estampés séparément, et de nombreux bijoux n'étaient qu'une mince feuille métallique remplie d'un mastic pour paraître massifs. Un pectoral impressionnant peut donc être bien plus léger que son volume ne le laisse croire.
Des motifs anciens sur des objets du XIXe siècle
Autre affirmation courante : les bijoux turkmènes seraient « pré-islamiques », voire antiques. Qu'en dit la conservatrice ?
Qu'il faut distinguer l'ancienneté des motifs et celle des objets. Le Victoria and Albert Museum le formule avec beaucoup de prudence dans sa notice du chanjuk : les pièces de bijouterie turkmène datent rarement d'avant le XIXe siècle, même si nombre des motifs et symboles employés sont beaucoup plus anciens et souvent d'origine pré-islamique. Le catalogue du Metropolitan Museum porte de même sur des pièces du XIXe et du début du XXe siècle. On peut donc écrire « des formes et des symboles d'ascendance pré-islamique, sur des objets fabriqués au XIXe ou au début du XXe siècle ». On ne peut pas écrire « bijou pré-islamique » devant une vitrine.
Le chanjuk du V&A est un bon exemple de ce que permet une provenance datée. Le registre du musée conserve une lettre indiquant que ces ornements ont été achetés au Turkestan en 1884-1885 par un membre de la mission de Sir Peter Lumsden, chargée avec la partie russe de définir la frontière nord-ouest de l'Afghanistan ; ils ont été donnés au musée en 1900. La paire existait donc forcément en 1885. C'est rare pour l'Asie centrale, et c'est ce genre d'indice, plus que le style, qui permet de dater un bijou ancien avec honnêteté.
Pouvez-vous résumer les objets dont nous avons parlé, avec leur source ?
Volontiers, en s'en tenant aux fiches et aux publications.
| Objet | Usage | Matière | Source |
|---|---|---|---|
| Asyk | Pendentif accroché aux nattes lors du mariage, offert par la famille du marié, amulette | Argent, forme de cœur | Musée national d’histoire de l’Ukraine |
| Bilezik | Bracelets portés par paires par les femmes d’âge mûr | Métal incrusté de cornaline, pointes yilan bash | Musée national d’histoire de l’Ukraine (fin XIXe - début XXe) |
| Chanjuk | Ornements de poitrine cousus par paires sur le vêtement | Argent estampé et repoussé, trois cornalines, chaînes | V&A 734&A-1900 (1850-1880) |
| Uplitka | Fil ornant les quatre nattes des jeunes filles avant le mariage | Coton blanc ou noir, perles colorées, perles d’argent en dôme, clochettes | Musée national d’histoire de l’Ukraine |
| Tumar / tumarsha | Étui à amulette porté au cou ou cousu au vêtement | Argent ; cornalines ou verre coloré pour le tumarsha | Gyul et Hejzlarova, 2022 |
| Haykel karakalpak | Grand pectoral de mariée avec tube à amulette | Argent gravé ou ciselé, parfois doré, filigrane, trois à neuf cornalines | Gyul et Hejzlarova, 2022 |
Vous remarquerez que la dorure apparaît dans ce tableau, mais avec précaution : la publication scientifique la signale sur le haykel karakalpak, « parfois doré », et décrit le tumar comme un boîtier d'argent ou doré. Pour les pièces teke que nous avons citées, les fiches parlent d'argent. Je préfère m'en tenir là plutôt que de généraliser.
Cornaline ici, turquoise et corail là
La cornaline est-elle la pierre de toute l'Asie centrale ?
Non, et c'est une géographie qu'il faut apprendre. L'étude d'Elmira Gyul et Tereza Hejzlarova, publiée en 2022 dans les Annals of the Naprstek Museum et qui s'appuie sur Tokhtabaeva, distingue nettement les aires : la cornaline était particulièrement prisée chez les Karakalpaks, et elle domine aussi chez les Turkmènes, alors que la turquoise, dite firuza ou piruz, et le corail, marjon, caractérisaient davantage les bijoux tadjiks et ouzbeks. Nous détaillons ces matières dans notre guide de l'ambre, du corail et des pierres.
Chaque pierre avait en outre une fonction protectrice propre, que les auteurs relèvent d'après Borozna et Fakhretdinova :
- la cornaline protégeait spécifiquement du mauvais œil ;
- la turquoise fortifiait le cœur, supprimait la peur, protégeait des ennemis, de la noyade, de la foudre, des serpents et des scorpions ; son nom persan, qui signifie « victoire », fonde cette charge ;
- le corail, organisme marin rouge vif, renforçait les capacités reproductrices de la femme ;
- le grenat protégeait des maladies mentales ;
- la nacre soulageait le cœur de la tristesse.
On entend souvent que la cornaline protège parce que le Prophète portait une bague de cornaline. Est-ce l'explication ?
Ce n'est pas une explication que je peux valider pour l'Asie centrale. Cette lecture par la bague du Prophète et les hadiths sur l'aqiq ne remonte, dans les sources consultées, qu'à des sites de vente de pierres, des blogs de lithothérapie et des sites de fatwa. Aucune source muséale ou universitaire ne fonde la valeur apotropaïque de la cornaline centre-asiatique sur ce hadith. La littérature montre au contraire un substrat antérieur à l'islam. Les étuis à amulette ne contenaient pas seulement des prières : on y plaçait des objets pointus, des herbes médicinales, de la fourrure, du charbon, des pièces de monnaie ou du sel, et les Ouzbeks du Khorezm y glissaient les cheveux de la première coupe d'un enfant. L'islam a ensuite substitué les sourates aux objets magiques. Les auteurs parlent d'islam populaire, synthèse d'éléments pré-islamiques et islamiques.
C'est pour cela que l'expression « porte-Coran », qu'on lit sur les étiquettes de boutique, est une réduction abusive. Le terme juste est porte-amulette. Le mot haykel, qui désigne le grand pectoral karakalpak, signifie d'ailleurs en persan comme en langues turciques « statue, monument, idole », ce qui laisse penser à de nombreux chercheurs que l'étui contenait à l'origine une figurine de divinité. Nous avons consacré un article entier à l'étui à amulette tumar et à ses variantes, buyin, kokrak, qoltiq selon la partie du corps.
Ni UNESCO ni légende dorée
Dernière idée reçue : l'art joaillier d'Asie centrale, zargarlik ou zergerlik, serait inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO.
C'est faux, et c'est vérifiable en quelques minutes sur les pages des États. Aucun élément de bijouterie, d'orfèvrerie ou de travail de l'argent ne figure sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO pour l'Ouzbékistan, qui compte 18 éléments, le Kazakhstan, 14, le Kirghizistan, 16, ni le Turkménistan, 10. Les artisanats inscrits concernent la céramique, la broderie turkmène, le feutre, les coiffes comme l'elechek et l'ak-kalpak, la yourte, la sériciculture ou la facture d'instruments de musique. Le métier existe bel et bien, zerger en kazakh, zargar en ouzbek et en tadjik, mais il n'a pas de label UNESCO.
Une femme d'aujourd'hui peut-elle porter un pectoral turkmène sans le trahir ?
Elle peut, à condition de savoir ce qu'elle porte. Historiquement, ces pièces se cousaient sur le vêtement, se portaient par paires, s'accrochaient aux nattes : notre guide du port des bijoux détaille ces gestes. Un asyk isolé en pendentif, un seul bilezik au poignet, c'est déjà un déplacement de sens, puisque l'objet parlait par sa paire et par sa place.
Ce que je déconseille, c'est le faux discours : dire « pré-islamique » d'une pièce de 1900, annoncer dix-sept kilogrammes, invoquer l'UNESCO. Un bijou turkmène d'argent et de cornaline sur un vêtement sombre se suffit, comme le rappellent les conseils de composition de nos consœurs de la mode : on laisse la pièce parler, et on lui donne les bons mots.
Ce qu’il faut retenir
- L’asyk est un pendentif d’argent en forme de cœur accroché aux nattes au mariage, offert par la famille du marié, protecteur avant et pendant la grossesse ; « jusqu’au premier fils » est une formule sans source.
- Les bilezik sont des bracelets à cornaline portés par paires par les femmes d’âge mûr, à pointes yilan bash évoquant des têtes de serpent.
- Les parures de mariée turkmènes pesaient jusqu’à une dizaine de kilogrammes selon le Musée national d’histoire de l’Ukraine ; les 17 kg n’ont aucune pièce de référence.
- Les objets conservés datent du XIXe ou du début du XXe siècle ; seuls les motifs sont plus anciens.
- La cornaline domine chez les Turkmènes et les Karakalpaks, la turquoise et le corail chez les Ouzbeks et les Tadjiks.
- Aucun artisanat joaillier d’Asie centrale n’est inscrit à l’UNESCO ; l’étui à amulette est un porte-amulette, non un porte-Coran.
Questions fréquentes
L'asyk est un pendentif d'argent en forme de cœur accroché aux nattes lors du rituel de mariage. Le Musée national d'histoire de l'Ukraine, qui conserve une parure teke, indique qu'il était offert par la famille du marié et considéré comme une amulette protégeant les femmes de la maladie, en particulier avant et pendant la grossesse.
La seule source institutionnelle disponible, le Musée national d'histoire de l'Ukraine, indique que les parures de mariage pouvaient peser jusqu'à dix kilogrammes. Le chiffre de 17 kg circule uniquement sur des sites commerciaux et touristiques, sans pièce mesurée ni référence.
Non. Le Victoria and Albert Museum précise que les pièces de bijouterie turkmène datent rarement d'avant le XIXe siècle. Ce sont les motifs et les symboles qui sont plus anciens, souvent d'ascendance pré-islamique ; les objets conservés ont été fabriqués au XIXe ou au début du XXe siècle.
La répartition dépend des peuples. D'après les travaux de Gyul et Hejzlarova (2022), la cornaline était surtout prisée chez les Karakalpaks et les Turkmènes, alors que la turquoise et le corail caractérisaient davantage les bijoux ouzbeks et tadjiks. La cornaline protégeait spécifiquement du mauvais œil.
Ce sont des bracelets portés par paires par les femmes d'âge mûr, en métal incrusté de cornaline, à décor de lignes gravées, dont les extrémités portent des pointes estampées évoquant des têtes de serpent (yilan bash). Le Musée national d'histoire de l'Ukraine les date de la fin du XIXe - début du XXe siècle.
Non. Aucun élément de bijouterie ou d'orfèvrerie ne figure sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO pour l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan ni le Turkménistan. Les artisanats inscrits concernent la céramique, la broderie, le feutre, les coiffes, la yourte, la soie ou les instruments de musique.
C'est une réduction abusive. L'étui à amulette est d'origine pré-islamique et contenait d'abord des objets magiques (herbes, sel, charbon, cheveux d'enfant). L'islam en a changé le contenu au profit de prières écrites. Le terme exact est porte-amulette, et le mot tumar lui-même n'est pas universel.
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