
Patrimoine
Le thaler de Marie-Thérèse, une monnaie datée 1780 cousue sur les parures
Une pièce d'argent frappée pendant deux siècles et demi avec la même date, des monnaies bulgares et serbes suspendues à une ceinture de mariage, des médailles copiées en laiton dans les villages de Poltava. La monnaie portée n'est pas une fantaisie : c'est une réserve de valeur visible, et un piège pour qui veut dater un bijou.
- Thaler23,386 g d'argent fin · titre .833
- Frappesenv. 389 millions d'exemplaires · 1751-2000
- Nizalka de Galicnik · début XXe s. · cuivre argenté et maillechort
- Monnaies montéesbulgares et serbes · 1882-1938
- ObservationOlive Lodge · Galicnik · 1935
Sur les photographies de mariage prises dans les villages de Macédoine au début du XXe siècle, les jeunes femmes portent à la taille et sur la poitrine des rangées de grandes pièces d’argent. Elles sonnent quand on marche. Elles brillent sous le gilet brodé sombre. Et, très souvent, elles portent toutes la même date : 1780.
Cette date est un piège. Elle ne dit pas l’année où la parure a été assemblée, ni celle où la monnaie a été frappée. Elle dit seulement qu’il s’agit d’un thaler de Marie-Thérèse, la pièce d’argent la plus répandue de l’histoire monétaire européenne, et l’une des plus portées. Comprendre ce que cette monnaie faisait sur une ceinture de jeune épouse, sur une chaîne de mariage ou au centre d’un collier ukrainien, c’est comprendre une chose simple et souvent oubliée : pendant des siècles, le bijou d’une femme n’était pas d’abord un ornement. C’était son argent.
Une pièce qui ne vieillit jamais : la date figée de 1780
Le thaler de Marie-Thérèse est frappé pour la première fois en 1741 dans les États des Habsbourg. À la mort de l’impératrice, en 1780, sa frappe ne s’arrête pas : elle se poursuit, mais avec une particularité qui va tout changer pour qui cherche à dater un bijou. Toutes les frappes postérieures portent la date figée de 1780. Chaque exemplaire neuf, qu’il sorte de l’atelier en 1830, en 1900 ou en 1960, est daté 1780.
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Environ 389 millions d’exemplaires ont été frappés entre 1751 et 2000, et pas seulement à Vienne : Londres, Paris, Rome, Bruxelles, Bombay, Birmingham, Utrecht, Günzburg, Hall, Kremnica, Milan et Prague ont produit ce thaler. La Monnaie de Vienne le vend toujours. Le Musée numismatique d’Athènes, qui en conserve un exemplaire émis peu avant la mort de l’impératrice, le résume d’une formule : la pièce « serait refrappée d’innombrables fois jusqu’au milieu du XXe siècle ».
La conséquence pour l’histoire du bijou est directe. Un thaler « 1780 » cousu sur une coiffe, suspendu à une ceinture ou monté en pendentif ne prouve pas que la parure remonte au XVIIIe siècle. Il peut dater de 1850, de 1900 ou de 1950. C’est l’un des indices de datation les plus trompeurs que l’on rencontre, et l’un des premiers réflexes à corriger quand on cherche à authentifier et dater un bijou ancien : la date d’une monnaie montée est une borne basse, jamais une borne haute, et dans le cas du thaler elle n’est même pas cela.
Pourquoi une monnaie plutôt qu’un bijou
Si le thaler a été si largement porté, ce n’est pas pour son profil impérial. C’est pour ce qu’il contient. Le thaler de Marie-Thérèse renferme 23,386 g d’argent fin, pour un alliage au titre .833 d’argent et .166 de cuivre. Cette teneur ne bouge pas d’une frappe à l’autre : c’est une monnaie à teneur d’argent stable, et cette stabilité, non l’esthétique, fonde son usage comme épargne portée.
Le Musée numismatique d’Athènes explique aussi comment ces pièces autrichiennes sont arrivées sur les costumes balkaniques. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les monnaies habsbourgeoises affluent dans les provinces européennes de l’Empire ottoman, à la faveur de l’intensification des échanges entre les pays des Habsbourg et les Balkans ottomans. Une monnaie reconnue partout, au poids d’argent connu de tous, devient un objet idéal à conserver, à montrer et à transmettre. La notice consacrée au thaler indique d’ailleurs, surtout à propos du monde arabe, qu’il servit largement à la joaillerie traditionnelle, à la fois comme source de métal et comme élément décoratif en soi.
Trois qualités font d’une monnaie une parure possible :
- Une valeur lisible : le poids d’argent du thaler est connu de tous, aucune expertise n’est nécessaire pour l’estimer.
- Une forme prête à monter : un disque plat, à percer ou à sertir d’une bélière, s’aligne en rangées sur une chaîne ou un textile.
- Une réversibilité : la pièce peut, en cas de besoin, quitter la parure et redevenir de l’argent qui circule.
Cette dernière qualité est la clé. Une parure de monnaies est une épargne que l’on porte sur soi, et que l’on peut défaire pièce par pièce.
À Galicnik, la ceinture des jeunes épouses
Le village de Galicnik, en Macédoine, a laissé l’une des documentations les plus précises sur le port des monnaies. Le British Museum conserve un costume de mariée complet du début du XXe siècle, ainsi qu’une chaîne de monnaies, et la documentation du musée s’appuie sur l’observation de l’ethnographe Olive Lodge, publiée en 1935 dans la Slavonic and East European Review.
La mariée de Galicnik portait une lourde ceinture d’argent ou de métal à chaînes pendantes, la nitalka, garnie de grosses monnaies d’argent, ainsi qu’une chaîne de monnaies d’or, des lires turques, portée en sautoir autour du cou. Mais la documentation distingue deux temps du cycle vestimentaire. C’est la jeune épouse, mariée depuis un à six ans, qui porte en plus la lourde ceinture à chaînes garnies de grandes pièces d’argent « aussi grandes que des couronnes ». Et Olive Lodge précise : des thalers de Marie-Thérèse datés de 1780 figuraient couramment parmi ces grosses pièces d’argent suspendues à la ceinture des jeunes épouses de Galicnik.
Le détail compte. Sur la mariée, ce sont des lires turques en or ; sur la jeune épouse des premières années de mariage, ce sont des thalers d’argent à la ceinture. La parure change avec le statut, et la monnaie portée change avec elle. Le costume lui-même appartient à la grande tradition balkanique du filigrane et des monnaies cousues : la documentation du British Museum relève sur ce même ensemble exactement 100 boutons en filigrane d’argent, 20 sur la veste à manches longues, 40 sur le gilet sans manches et 40 sur le gilet long.
Ce que l’observation de 1935 ne dit pas, il faut se garder de l’ajouter. Elle ne dit pas que les thalers étaient cousus sur la coiffe de la mariée, ni qu’ils étaient anciens. Elle dit qu’ils étaient fréquents, à la ceinture, sur des femmes mariées depuis peu. C’est déjà beaucoup : une pièce frappée par centaines de millions, arrivée dans les Balkans par le commerce, avait trouvé sa place dans le calendrier social d’un village de montagne.
La nizalka du British Museum : une parure qui s’accumule
L’autre objet de Galicnik conservé à Londres est une nizalka, une chaîne de monnaies macédonienne (inv. Eu1997,04.138), longue de 72 cm, datée du début du XXe siècle et donnée au musée par Ken Ward. Sa description est une leçon.
La monture d’abord. Elle est constituée de cuivre argenté et de maillechort, et non d’argent. Les monnaies y sont suspendues avec des amulettes en filigrane à une lourde chaîne, fixée sur la ceinture haute par trois crochets : celui du centre porte les armoiries royales serbes, les deux latéraux sont en filigrane d’argent. Le musée précise que la nizalka faisait partie de la dot de la mariée et se portait au mariage, puis lors des fêtes.
Les monnaies ensuite. La chaîne porte vingt-trois monnaies bulgares et serbes, datées entre 1882 et 1938. Autrement dit, cette parure « traditionnelle » de mariée intègre des monnaies d’États-nations modernes, et non des pièces ottomanes ou des thalers du XVIIIe siècle. Les pièces de 100 leva de Boris III, qui régna de 1918 à 1943, impliquent un assemblage tardif. Une parure de ce type n’est pas un ensemble figé transmis tel quel : c’est un objet cumulatif, remonté et complété au fil des décennies, au rythme de l’enrichissement de la famille.
| Objet | Région | Monnaies portées | Matière de la monture | Source |
|---|---|---|---|---|
| Nitalka (ceinture à chaînes) | Galicnik, Macédoine | Thalers de Marie-Thérèse datés 1780, « couramment » | Argent ou métal (non précisé) | O. Lodge, 1935, via British Museum |
| Chaîne de cou de la mariée | Galicnik, Macédoine | Lires turques et autres pièces d’or | Chaîne (non précisée) | British Museum, costume de mariée |
| Nizalka, inv. Eu1997,04.138 | Galicnik, Macédoine, début XXe s. | 23 monnaies bulgares et serbes, 1882-1938 | Cuivre argenté et maillechort, rosettes de filigrane | British Museum |
| Doukatch | Ukraine, surtout Rive gauche | Ducats, thalers, roubles, monnaies allemandes, médailles et copies | Cuivre (pauvres), argent à verres colorés (aisés) | Musée des trésors historiques d’Ukraine (O. Frassyniouk) |
| Salba | Boukovyne, Ukraine | Rangées de pièces d’argent, 12 rangs ou plus | Pièce de tissu | LocalHistory.org.ua |
Cette nizalka illustre aussi le fait le plus contre-intuitif de toute la bijouterie balkanique. Le British Museum l’énonce sans détour : la plupart des bijoux des Balkans étaient faits d’un alliage de base, largement cuivreux, ne contenant que de faibles quantités d’argent, dont la blancheur était renforcée par ajout d’arsenic. Ces pièces étaient néanmoins toujours appelées « argent ». La pièce maîtresse d’une parure de mariée n’était donc pas en métal précieux. La valeur réelle était concentrée dans les monnaies montées, pas dans la monture qui les portait.
En Ukraine, le doukatch : quand la monnaie est imitée
La même logique traverse les Carpates et la steppe. En Ukraine, le doukatch est une parure féminine ronde, une pièce ou une médaille unique suspendue à un ruban ou à un nœud métallique, portée par-dessus tous les autres colliers, en position centrale sur la poitrine. Elle se transmettait de mère en fille ou entrait dans la dot de la mariée. Le mot lui-même vient du ducat, la monnaie d’or vénitienne frappée à partir de 1284, d’environ 3,5 g, devenue étalon monétaire international.
Sur la matière première, la chercheuse Olha Frassyniouk, du Musée des trésors historiques d’Ukraine, indique que les doukatchi étaient fabriqués à partir de ducats d’or, de thalers d’argent de Marie-Thérèse, de roubles russes, de monnaies allemandes des XVIIe et XVIIIe siècles (Mansfeld, Bavière) et de médailles religieuses d’ateliers monastiques. Le thaler autrichien se retrouve ainsi, à plusieurs centaines de kilomètres de Galicnik, au centre d’un collier de la Rive gauche du Dniepr. Pour situer cet objet dans l’ensemble des parures traditionnelles de l’Ukraine, il faut retenir une chose : le doukatch n’est pas un collier de monnaies, mais une monnaie ou une médaille érigée en pièce centrale.
Voici le point qui distingue l’Ukraine des Balkans : un doukatch n’est pas toujours une vraie monnaie. D’après les sources ukrainiennes, la production locale de copies de médailles ouest-européennes est largement répandue dès le milieu du XVIIe siècle. Un doukatch d’argent de la région de Poltava, de la seconde moitié du XVIIe siècle, conservé au Musée des trésors historiques d’Ukraine, s’est révélé après attribution être la reproduction locale d’une médaille ouest-européenne non identifiée. Le média régional de Poltava décrit aussi les koronatky, des médailles-souvenirs commémorant le couronnement pontifical d’icônes mariales, apparues au début du XVIIIe siècle, ainsi que des copies de la médaille du couronnement de Catherine II (1762), restées populaires durant tout le XIXe siècle. S’y ajoutent, selon la même source, les imitations de laiton bon marché adoptées au XIXe siècle par les Cosaques appauvris. Le doukatch est donc souvent un objet fabriqué en imitation d’une monnaie, ce qui n’ôte rien à son authenticité ethnographique. Quand l’iconographie devient religieuse, on quitte le champ de ce magazine ; le site jumeau du réseau traite le bijou religieux ukrainien.
La richesse déterminait le matériau, toujours d’après Olha Frassyniouk : les doukatchi des pauvres étaient surtout en cuivre, les plus aisés commandaient des doukatchi d’argent ornés de verres colorés. Quant à la date d’apparition de l’objet, les sources sérieuses se contredisent, et il faut le dire plutôt que trancher : la conservatrice situe le mot dans les sources écrites au tournant des XVIe et XVIIe siècles, comme parure et non comme monnaie ; le média de Poltava situe l’apparition du sens « bijou » au milieu du XVIIIe siècle. Ce qui est solidement établi, c’est que le nœud métallique, le bant, apparaît à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle et devient une spécificité de la Rive gauche.
Ce que la monnaie portée disait
Une femme qui portait des monnaies ne portait pas seulement de l’argent. Elle portait une information que tout le village savait lire.
La première information est celle de la dot. Le British Museum le dit de la nizalka : elle faisait partie de la dot de la mariée. La littérature ethnographique bulgare, compilée par les pages Eliznik, va dans le même sens : le port de bijoux avec le costume était le principal indicateur de la richesse et du statut social de celle qui les portait, et ces bijoux constituaient une partie de la dot. Chez les Albanais des Balkans, selon l’American Numismatic Society, la mariée porte de l’or à la fois comme dot et comme garantie d’autonomie : cet or lui appartient en propre, et une épouse pouvait divorcer selon un processus socialement admis en conservant cet or. La parure est ici un capital juridiquement personnel.
La seconde information est celle de la protection, et elle est étonnamment précise. Le Musée ethnographique régional de Plovdiv décrit une fonction protectrice topographique : les petites monnaies, perles et pierres des parures de tête protègent l’esprit ; les monnaies d’or et les parures pectorales protègent le souffle et le lait des jeunes mères ; les boucles et les ceintures protègent la fécondité et l’enfantement. La monnaie portée sur la poitrine d’une jeune femme n’est pas placée là par hasard.
La troisième information est celle du rang, lue dans le métal lui-même. En Ukraine, d’après Roksolana Popeliak (LocalHistory.org.ua), le métal du bijou hiérarchisait les classes sociales : l’or signalait la richesse, l’argent les filles de marchands, l’étain les citadines, le cuivre et le fer les paysannes. Le même principe se retrouve dans les rangs de la salba de Boukovyne, cette pièce de tissu couverte de douze rangées de pièces d’argent ou davantage, portée sur la poitrine.
Ce que disait une parure de monnaies, en résumé :
- Le statut matrimonial : à Galicnik, la nitalka à thalers signale la jeune épouse, la chaîne d’or la mariée.
- La fortune de la maison : le nombre et le métal des pièces se lisent d’un coup d’œil.
- La réserve de valeur de la femme : dot portée, capital qui la suit et qu’elle peut défaire.
- La protection recherchée : à chaque zone du corps son bijou-gardien, selon Plovdiv.
- L’époque réelle de l’assemblage : à condition de lire les monnaies les plus récentes, et jamais un thaler « 1780 ».
Trois idées fausses à ranger
Le thaler concentre à lui seul trois erreurs qui reviennent dès que l’on parle de bijoux de monnaies.
La première est celle de l’argent massif transmis de génération en génération. Pour la grande majorité des pièces balkaniques du XIXe et du début du XXe siècle, c’est faux : la monture est un alliage cuivreux toujours appelé « argent », et la nizalka du British Museum, en cuivre argenté et maillechort, le confirme sur l’objet même. Ce qui valait de l’argent, c’étaient les monnaies.
La deuxième est celle de l’ensemble immuable. Les monnaies bulgares et serbes de 1882 à 1938 sur une parure nuptiale « traditionnelle » suffisent à la réfuter : une parure de monnaies s’enrichit, se démonte, se recompose. C’est précisément ce qui la rend vivante et ce qui permet encore aujourd’hui, avec quelques précautions, de porter un collier de monnaies sans trahir son histoire.
La troisième est celle du thaler qui prouverait le XVIIIe siècle. Elle est la plus tenace, parce que la date est gravée dans le métal et qu’elle semble parler d’elle-même. Elle ne parle de rien. Un thaler daté 1780 peut être sorti d’un atelier de Birmingham en 1900 ou de Vienne l’année dernière. Si l’on veut dater une parure de monnaies, il faut chercher la pièce la plus récente, pas la plus impressionnante, et se souvenir que les montures ont pu être refaites plusieurs fois.
Reste ce que ces parures disent encore aujourd’hui, quand on les regarde dans une vitrine de Londres, de Sofia ou de Kyiv, ou quand on croise leurs descendantes contemporaines dans les styles d’accessoires venus d’Europe de l’Est. Une femme y portait ce qu’elle possédait. La monnaie ne cachait pas sa valeur sous un décor : elle la montrait, chiffre par chiffre, et c’est cette franchise qui en fait, encore, un document.
Questions fréquentes
Non. Depuis la mort de l'impératrice en 1780, toutes les frappes du thaler de Marie-Thérèse portent cette date figée, quelle que soit leur année réelle de production. Environ 389 millions d'exemplaires ont été frappés entre 1751 et 2000, et la Monnaie de Vienne en vend toujours. La date 1780 ne date donc rien.
Le thaler contient 23,386 g d'argent fin, pour un alliage au titre .833 d'argent et .166 de cuivre. Cette teneur stable explique son rôle de réserve de valeur portable, bien plus que son esthétique.
La nitalka est une lourde ceinture d'argent ou de métal à chaînes pendantes, garnie de grosses monnaies d'argent, portée à Galicnik (Macédoine). Selon l'ethnographe Olive Lodge (1935), des thalers de Marie-Thérèse datés 1780 figuraient couramment parmi ces pièces suspendues à la ceinture des jeunes épouses, mariées depuis un à six ans.
Non. La nizalka de Galicnik conservée au British Museum (inv. Eu1997,04.138, début du XXe siècle) est en cuivre argenté et en maillechort. Elle porte vingt-trois monnaies bulgares et serbes datées de 1882 à 1938 et des rosettes en filigrane. La valeur réelle tenait dans les monnaies, pas dans la monture.
Non, et c'est une erreur fréquente. D'après les sources ukrainiennes, dès le milieu du XVIIe siècle des copies locales de médailles ouest-européennes circulaient, et le XIXe siècle a vu se répandre des koronatky (médailles-souvenirs) et des imitations de laiton bon marché. Un doukatch est souvent un objet fabriqué en imitation d'une monnaie, ce qui n'ôte rien à son authenticité ethnographique.
Parce que la monnaie était une valeur reconnue, transportable et transmissible. La nizalka faisait partie de la dot de la mariée, selon le British Museum ; en Bulgarie, le bijou du costume était, d'après la littérature ethnographique, le principal indicateur de la richesse de celle qui le portait. La parure était une épargne visible qui appartenait à la femme.
Non. La nizalka du British Museum, présentée comme parure nuptiale traditionnelle, porte des monnaies d'États-nations modernes datées de 1882 à 1938, dont des pièces de 100 leva de Boris III. Une parure de ce type est un objet cumulatif, complété au fil des décennies au rythme de l'enrichissement de la famille.
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