Aller au contenu
Histoire de bijoux
Femme d'une cinquantaine d'années en chemisier de soie sombre portant un sautoir d'argent et de grosses perles de corail

Bien-être et parure

Ménopause : mieux la vivre, et ce que la parure a toujours dit des âges de la femme

Bien-être et parure

Autour de cinquante ans, le corps change de régime. Les sources médicales françaises disent ce qu'il faut en savoir, sans dramatiser. Et l'histoire des parures rappelle une chose oubliée : dans toutes les traditions couvertes par ce magazine, la femme changeait de bijoux en changeant d'âge. Un geste à retrouver, comme une estime de soi.

Cet article prolonge un texte publié sur ce domaine avant sa reprise éditoriale. Il a été entièrement réécrit et ses informations de santé revérifiées.

  • Définition12 mois consécutifs sans règles · OMS
  • Âge moyen en France51 ans · Inserm, 2023
  • Bilezik turkmènesbracelets des femmes d'âge mûr · fin XIXe-début XXe s. · argent et cornaline
  • Saukele kazakhporté environ un an, jusqu'à la naissance du premier enfant
  • Kitchka cornuecoiffe des jeunes femmes mariées du sud de la Russie, remplacée avec l'âge

Il y a des sujets que l’on aborde à voix basse, entre amies, dans une cuisine, et que l’on ne trouve presque jamais écrits avec calme. La ménopause en fait partie. Ce magazine parle de ce qu’une femme porte et de ce que cela raconte ; il aurait pu se contenter d’esquiver la question. Il a choisi l’inverse, pour deux raisons. La première : autour de la cinquantaine, beaucoup de femmes se demandent ce qui leur arrive, et les réponses sérieuses existent, publiées par l’Inserm, l’OMS, la Haute Autorité de santé et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français. La seconde : dans les six traditions que nous couvrons, de la Baltique à l’Asie centrale, la parure a toujours accompagné le passage d’un âge à l’autre. Une femme changeait de bijoux en changeant d’âge, et personne n’y voyait une perte.

Une précaution avant d’aller plus loin. Cet article ne remplace ni une consultation ni un avis de gynécologue ou de médecin traitant ; il rassemble ce que disent les sources primaires, et rien d’autre. Toute information de santé qui suit renvoie à l’une d’elles.

Ce que la ménopause est, et ce qu’elle n’est pas

L’Organisation mondiale de la santé la définit sans détour : la ménopause naturelle « est confirmée après 12 mois consécutifs sans règles, en l’absence d’autres causes physiologiques ou pathologiques évidentes ». Ce ne sont donc pas les bouffées de chaleur qui font la ménopause, mais l’arrêt durable des règles. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), dans ses recommandations de 2021 rédigées avec le Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal, va dans le même sens : le diagnostic est clinique, fondé sur douze mois d’aménorrhée dans une tranche d’âge compatible, après 45 ans, et les signes associés « sont inconstants » et « ne sont pas indispensables à l’établissement de ce diagnostic ».

Ce point contredit une idée reçue tenace, celle de la prise de sang qui « confirmerait » la ménopause. Le CNGOF est net : dans la situation physiologique, aucun dosage hormonal n’est recommandé pour poser le diagnostic (grade A), et le test au progestatif ne l’est pas davantage. Les dosages ne gardent un intérêt que dans des cas particuliers, par exemple après une ablation de l’utérus qui a supprimé le repère des règles.

L’âge, lui, est étonnamment stable. Le dossier Ménopause de l’Inserm, publié en septembre 2023, la situe « entre 45 et 55 ans (à 51 ans en moyenne en France) ». Le CNGOF confirme ce 51 ans et ajoute qu’il « varie peu selon les ethnies ». Avant cet arrêt définitif, une période de transition de deux à quatre ans, la périménopause, voit les règles devenir irrégulières, avec un syndrome prémenstruel d’intensité variable, seins douloureux et irritabilité, toujours selon l’Inserm.

Reste le vocabulaire des ménopauses qui arrivent tôt, où beaucoup de textes grand public se trompent encore. Le CNGOF a réformé les termes : on parle de ménopause anticipée lorsqu’elle survient entre 40 et 45 ans, et d’insuffisance ovarienne prématurée lorsqu’elle survient avant 40 ans. L’expression « ménopause précoce », écrit le Collège, « n’est plus » utilisée. L’Inserm chiffre l’insuffisance ovarienne prématurée à une à deux femmes sur cent. Quant à la « ménopause tardive » après 55 ans, avec son cortège de risques et de bénéfices que l’on lit ici et là, aucune des sources primaires consultées ne l’isole comme une catégorie : nous ne l’écrirons donc pas.

Les symptômes, tels que les décrivent les sources

Les manifestations sont réelles, fréquentes et très inégalement réparties. Selon l’Inserm, « 87 % des femmes présentent au moins un symptôme de ménopause » et « 20 à 25 % souffrent de troubles sévères qui affectent leur qualité de vie ». L’OMS énumère les principaux :

  • les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes ;
  • la sécheresse vaginale, les douleurs pendant les rapports, l’incontinence ;
  • les troubles du sommeil et l’insomnie ;
  • les changements d’humeur, la dépression ou l’anxiété.

L’Inserm y ajoute « une sensation de fatigue, des troubles du sommeil, une irritabilité », et le CNGOF les douleurs ostéo-articulaires. Les bouffées de chaleur méritent un mot à part, parce qu’elles sont le symptôme le plus visible et le plus mal compris. Le CNGOF les dit « très fréquentes, affectant environ 80 % des femmes occidentales ménopausées, dont 25 % de façon très invalidante », et précise qu’elles « durent en moyenne 5 à 7 ans mais peuvent perdurer au-delà de 15 ans ». L’Inserm, plus prudent sur la fréquence, parle d’un tiers à la moitié des femmes au moment où survient la ménopause, et note qu’un quart d’entre elles les déplorent encore au bout de dix ans. La fatigue, elle, n’est pas une fatalité mystérieuse : elle tient largement au sommeil coupé par les sueurs nocturnes, ce que les deux institutions relient explicitement.

Sur la prise de poids, si souvent présentée comme un symptôme de la ménopause, le CNGOF apporte une nuance qui change tout : « les études longitudinales montrent que la prise de poids débute bien avant la ménopause et se poursuit après celle-ci avec une grande variabilité inter-individuelle ». Les facteurs en cause sont la balance énergétique, le déficit de sommeil, le stress, la sédentarité. Autrement dit, le corps ne se dérègle pas d’un coup ; il continue une trajectoire commencée plus tôt, et sur laquelle on garde une prise.

Traitements et hygiène de vie : ce qui tient

Le traitement hormonal de la ménopause existe, il est efficace sur les bouffées de chaleur et sur l’os, et il n’est pas fait pour tout le monde. La Haute Autorité de santé, dans sa fiche de juillet 2014, le réserve aux femmes « très gênées » par leurs symptômes, insiste « sur la nécessité d’une prescription à dose minimale et pour une durée limitée », et demande que « le traitement soit réévalué au moins une fois par an ». Elle liste les risques qui justifient cette prudence : cancer du sein, de l’endomètre, de l’ovaire, risque thromboembolique veineux et accident vasculaire cérébral. Le CNGOF ajoute une fenêtre : « il n’est pas recommandé de débuter un THM plus de 10 ans après le début de la ménopause » (grade B), et l’Inserm résume la même idée par « globalement avant 60 ans ». Rien de tout cela ne se décide seule ; c’est une conversation avec le médecin ou la gynécologue, à reprendre chaque année.

Femme d'une cinquantaine d'années assise près d'une fenêtre, portant un sautoir de perles d'ambre sur un chemisier sombre, dans la lumière de fin d'après-midi
Choisir la parure de l'âge que l'on a : dans les traditions d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, ce geste allait de soi.

Le reste relève de l’hygiène de vie, et les recommandations sont ici moins spectaculaires mais mieux établies. Après la ménopause, écrit le CNGOF, « une activité physique régulière faible à modérée tout comme la lutte contre la sédentarité est recommandée pour diminuer la mortalité et le risque cardiovasculaire » (grade A). Le même texte cite « l’éviction des toxiques (tabac, alcool) » parmi les modifications de l’hygiène de vie à aborder en consultation. L’enjeu est de long terme : l’OMS rappelle que « la perte de densité osseuse à la ménopause contribue de manière significative à des taux plus élevés d’ostéoporose et de fractures », et que « l’avantage qu’ont les femmes sur les hommes en termes de maladies cardiovasculaires disparaît progressivement » après la ménopause. L’Inserm chiffre l’ostéoporose « deux à trois fois plus fréquente chez les femmes ménopausées que chez les hommes du même âge ».

Et puis il y a ce qui ne tient pas. Nombre de textes grand public promettent de « retarder » la ménopause par l’alimentation, par le contrôle du cholestérol, par l’arrêt du tabac chiffré au mois près. Aucune des quatre sources primaires consultées ne décrit un moyen de retarder la ménopause. Sur les plantes et les compléments, l’Inserm écrit que « les connaissances sur l’efficacité des approches de phytothérapie, de certains traitements non hormonaux et l’utilisation de compléments alimentaires doivent encore être renforcées ». Quant à la pilule, le CNGOF ne dit pas qu’elle retarde quoi que ce soit ; il dit qu’elle masque le repère de l’aménorrhée, et que la seule stratégie proposée pour poser le diagnostic sous contraception hormonale est d’interrompre celle-ci sous couvert d’une contraception non hormonale et de suivre cliniquement la survenue de l’arrêt des règles. C’est moins vendeur qu’un régime miracle. C’est ce qui est écrit.

Une transition sociale autant que biologique

L’OMS, dans la même fiche, glisse une phrase que l’on lit trop vite : la ménopause « peut être une transition importante d’un point de vue social, comme d’un point de vue biologique », et son expérience est « influencée par les normes de genre, les facteurs familiaux et socioculturels ». C’est ici que ce magazine retrouve son sujet. Car si la médecine d’aujourd’hui décrit un continuum de symptômes, les sociétés d’hier avaient une autre manière de dire le passage : elles le montraient. Sur la tête, au cou, aux poignets.

Dans les six traditions couvertes par notre guide sur la manière dont ces bijoux se portaient, la parure n’était pas seulement une richesse ou une protection ; elle était un calendrier. La femme d’un certain âge ne portait pas ce que portait la jeune mariée, et la jeune mariée ne portait pas ce que portait la jeune fille. Ce n’était pas une privation imposée aux plus âgées : c’était une lecture, et chacune savait la faire.

Trois exemples sûrs, tirés de sources muséales, suffisent à le montrer. Dans le sud de la Russie, la kitchka cornue, coiffe à deux pointes documentée par la plateforme Artefact du ministère russe de la Culture, était portée par les jeunes femmes mariées et remplacée par une coiffe sans cornes lorsque la femme vieillissait : l’objet encodait l’âge autant que l’alliance. Chez les Kazakhs, la coiffe de mariée saukele, étudiée par l’ethnologue Inga Stasevich, se commandait un an à un an et demi avant le mariage, se portait environ un an, jusqu’à la naissance du premier enfant, puis cédait la place au zhelek, et après l’accouchement au kimeshek. Chez les Turkmènes teke, enfin, le Musée national d’histoire de l’Ukraine, qui conserve une parure complète, décrit les bilezik, ces bracelets d’argent incrustés de cornaline aux extrémités en tête de serpent, comme des bracelets portés par paires par les femmes d’âge mûr, et les date de la fin du XIXe au début du XXe siècle.

Le bijou comme calendrier des âges

La logique se retrouve ailleurs, avec des degrés de certitude variables que nous indiquons. En Ukraine, le collier de corail rouge, le namysto, dont la place dans le costume est détaillée dans notre pilier sur les parures traditionnelles ukrainiennes, était d’après l’historienne Roksolana Popeliak la parure des jeunes femmes ; les teintes blanches ou transparentes accompagnaient le deuil et le carême, et passé trente ans les femmes renonçaient largement au namysto, les plus âgées ne gardant que des teintes sombres. Le doukatch, ce médaillon-monnaie porté au centre de la poitrine, se transmettait de mère en fille ou entrait dans la dot : il changeait de cou en changeant de génération. En Bulgarie, selon les pages ethnographiques Eliznik, les femmes non mariées gardaient les cheveux découverts, les femmes mariées se couvraient, et la veuve portait un foulard noir cachant entièrement la chevelure. En Russie du Nord, la Commission russe pour l’UNESCO rappelle que le kokochnik était réservé aux femmes mariées et devait couvrir toute la chevelure, quand les jeunes filles portaient des coiffes ouvertes.

Tradition Parure de la jeune femme Parure de la femme d’âge mûr Source
Sud de la Russie Kitchka cornue des jeunes femmes mariées Coiffe sans cornes, adoptée avec l’âge Artefact, ministère russe de la Culture
Kazakhstan Saukele de mariée, porté environ un an Zhelek, puis kimeshek après le premier enfant Inga Stasevich, Voices on Central Asia
Turkmènes teke Asyk accroché aux nattes lors du mariage Bilezik d’argent et cornaline, portés par paires Musée national d’histoire de l’Ukraine
Ukraine Namysto de corail rouge, à nombreux rangs Teintes sombres, abandon progressif du corail (d’après R. Popeliak) LocalHistory.org.ua
Russie du Nord Coiffe ouverte laissant voir les cheveux Kokochnik couvrant toute la chevelure Commission russe pour l’UNESCO
Bulgarie Cheveux découverts avant le mariage Couvre-chef ; foulard noir pour la veuve (d’après Eliznik) The Eliznik pages

Une mise en garde s’impose, parce que la tentation est grande de trop lire dans ces objets. Les anneaux temporaux des Viatitches, à trois, cinq ou sept lobes, ont longtemps fait rêver : leur nombre de lobes dirait l’âge, ou le nombre de naissances. Le site officiel de la ville de Moscou, qui documente ces fouilles, est catégorique : les tentatives savantes de relier le nombre de lobes à l’âge ou aux naissances n’ont pas abouti. On sait seulement que ces anneaux se tressaient dans les cheveux, attachés au bandeau frontal d’une jeune fille ou à la coiffe d’une femme mariée. Le bijou disait le passage ; il ne comptait pas les années.

Sautoir de corail, bracelets d'argent incrustés de cornaline et collier d'ambre posés sur un plateau de velours sombre
Corail, argent à cornaline, ambre : trois matières que les traditions d'Europe de l'Est et d'Asie centrale ont associées à des âges différents de la vie.

Il faut aussi entendre ce que ces règles avaient de contraignant. La femme ukrainienne de trente ans qui rangeait son corail, la Bulgare qui couvrait ses cheveux le jour de ses noces pour ne plus jamais les montrer, la veuve au foulard noir : ces codes disaient l’âge, mais ils disaient aussi la place que la communauté assignait. Nous ne proposons pas d’y revenir. Nous proposons d’en garder une seule chose, la plus libre : l’idée qu’un âge nouveau appelle une parure nouvelle, choisie et non subie.

Choisir la parure de cet âge-là

Ce que les traditions faisaient par obligation, on peut le faire aujourd’hui par choix. Le geste est simple et il n’a rien de médical : ouvrir la boîte à bijoux à cinquante ans et se demander ce qui, là-dedans, parle de la femme que l’on est devenue, et non de celle que l’on a été à vingt-cinq. Il ne s’agit pas d’abandonner quoi que ce soit, ni de « s’habiller pour son âge » au sens où l’entendaient les manuels de savoir-vivre. Il s’agit de ce que notre article sur l’hypersensibilité et la parure-refuge appelait un point d’appui : un objet que l’on porte pour soi, dont le poids sur la peau rappelle que l’on habite ce corps-là, celui d’aujourd’hui.

Quelques pistes, tirées des traditions plutôt que des tendances :

  • Le corail à gros grains, que les Ukrainiennes réservaient aux jeunes femmes, peut se reprendre en un seul rang lourd plutôt qu’en dix : la même matière, une autre grammaire. Le corail d’Italie et de France était le plus prisé, rappelle l’Encyclopédie de l’Ukraine moderne.
  • L’argent à cornaline, bracelets ou manchettes, est précisément la parure que les Turkmènes attribuaient aux femmes d’âge mûr ; le porter, c’est reprendre ce fil.
  • L’ambre de la Baltique, la succinite, se prête au sautoir long sur une soie sombre ; il réchauffe un teint que la cinquantaine rend parfois plus pâle, et il ne prétend à rien d’autre.
  • Une pièce héritée, doukatch, médaille, bague de grand-mère, portée seule et bien en vue, dit la transmission au lieu de la jeunesse ; c’est exactement le rôle que lui donnaient les Ukrainiennes qui le passaient de mère en fille.

Pour les proportions et les associations avec la garde-robe contemporaine, le guide de linstantmode.fr sur la composition d’un look avec ses bijoux donne des repères concrets : longueur du sautoir selon l’encolure, un seul point fort par tenue, matières mates sur les soies brillantes.

La question du métal se pose aussi, parce que le teint et les cheveux changent avec les années et que l’argent, dominant dans toutes les traditions évoquées ici, n’est pas toujours celui que l’on portait à trente ans. Le guide de la-fashion-boutiq.fr pour choisir entre argent et or aide à trancher sans dogme.

Pour les pièces elles-mêmes, bilezik, asyk, saukele et leurs cornalines, notre pilier sur l’argent turkmène et les parures d’Asie centrale détaille ce qui est cité ici, avec ses sources muséales.

Une dernière chose, la seule allégation que ce magazine se permet. Un bijou n’a jamais fait baisser une bouffée de chaleur, n’a jamais consolidé un os, n’a jamais remplacé un rendez-vous chez la gynécologue. Ce qu’il peut faire, et ce que les femmes des Carpates, du Kazakhstan ou du bord de la Baltique savaient, c’est marquer un passage au lieu de le taire. On ne rangeait pas la kitchka cornue en pleurant. On la remplaçait, et l’on continuait à être regardée.

Ce qu’il faut retenir

La ménopause est définie par douze mois consécutifs sans règles, survient en moyenne à 51 ans en France, et se diagnostique cliniquement, sans dosage hormonal dans la situation habituelle. Les symptômes sont fréquents et très inégaux ; les bouffées de chaleur durent en moyenne cinq à sept ans. Le traitement hormonal soulage les femmes très gênées, à dose minimale, pour une durée limitée, réévalué chaque année, et ne se débute pas plus de dix ans après le début de la ménopause. L’activité physique régulière et l’éviction du tabac et de l’alcool sont les recommandations les mieux établies. Rien ne « retarde » la ménopause, et les plantes n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Tout cela se discute avec un médecin ou une gynécologue.

Et du côté de la parure : de la kitchka au kimeshek, du corail rouge aux bilezik, les femmes ont toujours changé de bijoux en changeant d’âge. Ce n’est pas une consolation. C’est une manière, ancienne et libre, de dire que l’on est encore là.

Questions fréquentes

L'OMS la confirme après douze mois consécutifs sans règles, en l'absence d'autre cause évidente. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) précise qu'il s'agit d'un diagnostic clinique, posé après 45 ans, et qu'aucun dosage hormonal n'est nécessaire dans cette situation. Les bouffées de chaleur ne suffisent pas à elles seules à poser le diagnostic.

À 51 ans en moyenne, selon le dossier Ménopause de l'Inserm, dans une fourchette habituelle de 45 à 55 ans. Le CNGOF note que cet âge moyen est remarquablement stable dans le temps et varie peu selon les populations.

Le terme n'est plus employé par les spécialistes. Le CNGOF distingue la ménopause anticipée, survenue entre 40 et 45 ans, de l'insuffisance ovarienne prématurée, qui survient avant 40 ans et concerne, selon l'Inserm, une à deux femmes sur cent. Dans les deux cas, un avis médical spécialisé s'impose.

Non. La Haute Autorité de santé le réserve aux femmes très gênées par leurs symptômes, à dose minimale, pour une durée limitée et avec une réévaluation au moins annuelle. Le CNGOF recommande de ne pas le débuter plus de dix ans après le début de la ménopause. La décision se prend avec le médecin ou la gynécologue, au cas par cas.

Aucune des sources primaires consultées (Inserm, OMS, HAS, CNGOF) ne décrit de moyen de retarder la ménopause. L'Inserm indique que les connaissances sur la phytothérapie et les compléments alimentaires doivent encore être renforcées. Les affirmations chiffrées qui circulent à ce sujet ne sont pas sourcées.

Oui, et de façon documentée : la kitchka cornue du sud de la Russie était remplacée par une coiffe sans cornes quand la femme vieillissait, le saukele kazakh cédait la place au zhelek puis au kimeshek après le premier enfant, et les bilezik turkmènes étaient les bracelets des femmes d'âge mûr. La parure disait l'étape de vie autant que le statut marital.

Il ne soigne rien et ne remplace aucun suivi médical. Mais choisir une parure pour l'âge que l'on a, plutôt que pour celui que l'on n'a plus, est un geste d'estime de soi que toutes les traditions ont pratiqué. C'est le seul usage que ce magazine lui prête.

Dans le même fil

Bien-être et parure

Hypersensibilité : quand la parure devient un refuge

On se dit hypersensible comme on avoue une fatigue. Derrière le mot, il y a un trait de personnalité mesuré depuis 1997, des confusions tenaces et, pour celles qui vivent tout un peu trop fort, des gestes minuscules qui aident : parmi eux, celui de toucher un bijou dont on a choisi la matière.

Patrimoine

Saukele : la coiffe de la mariée kazakhe, un an de parure

Haute coiffe conique de velours rouge, chargée de cornalines, de corail et de pendeloques d'argent, le saukele n'était porté qu'une année environ. Il ouvrait pourtant une suite de coiffes qui, du mariage à la maturité, disait à tous où en était une femme de sa vie. Enquête sur un objet dont les chiffres circulent souvent déformés.

Bien-être et parure

Pierres et apaisement : l'histoire raconte, la science mesure

Le stress se lit dans le sommeil, l'appétit, le rythme du cœur, la peau. Depuis des siècles, des femmes ont confié cette inquiétude à une pierre portée sur elles. Ce que ces pierres ont représenté, ce que la recherche en a vérifié, et ce que le bijou peut réellement offrir.